KHÂGNE SPÉCIALITÉ ÉTUDES THÉÂTRALES 2020 2021 BIBLIOGRAPHIE

par Aurélie Wach

KHÂGNE 2020 2021 SPÉCIALITÉ « ÉTUDES THÉÂTRALES »
BIBLIOGRAPHIE

a) Première question : L’obscène
A. Ouvrages théoriques :
Aristote, Poétique, Seuil, collection « Poétique », 1980. Impossible d’échapper à une (re)lecture de la Bible des études théâtrales. L’édition indiquée est chère (elle est au CDI), mais elle permet de faire le point sur les concepts essentiels de pathos/pathètikos, de katharsis, d’ethos, de miaron, de phobos/phoberon, de philanthrôpon, de teratôdes, de thaumaston, etc. qui structureront, à n’en pas douter, notre réflexion.

Artaud, Antonin, Le Théâtre et son double (1938), Folio essais. Il est nécessaire de connaître et de maitriser les conceptions artaudiennes, contre la théâtralité du texte et de la raison dialoguée, du théâtre comme peste, de la dramaturgie de la cruauté comme moyen de faire pénétrer la métaphysique par la peau.

Bataille, Georges, La Littérature et le Mal, collection « Folio essais », 1990. Bataille est l’auteur d’essais inclassables par leur croisement des approches anthropologiques, philosophiques et psychanalytiques et par leur élection des zones limites de l’art et de l’expérience humaine.

Bataille, Georges, La Part maudite (1949), Minuit, 2014.

Bataille, Georges, L’Érotisme, Minuit, 2011.

Bougnoux, Daniel, « L’obscène, la scène et le secret »,dans Médium 2006/4 (N°9)

Freud, Sigmund, Le Moi et le Ça (1923), Payot, collection « Petite bibliothèque », 2010. Freud, évidemment. La mise au jour des pulsions de mort et de l’équivoque fondamentale du psychisme humain, fasciné par ce qui le met en péril.

Didi-Huberman, Georges, Images malgré tout, Minuit, collection « Paradoxes », 2003. A partir des quelques images rescapées d’Auschwitz montrant la solution finale à l’oeuvre, une réflexion d’une subtilité inestimable sur la nécessité de la représentation de l’horreur malgré tout.

Girard, René, La Violence et le sacré (1972), Hachette, collection « pluriel », 1998. Un livre-culte qui, dans le sillage de Freud et de Bataille, croise l’anthropologie, la mythologie et la tragédie antique grecques pour penser la relation entre société, violence et religion. De surcroît, une précieuse clef de lecture des Pièces de guerre.

Kristeva, Julia, Pouvoirs de l’horreur. Essai sur l’abjection, Seuil, collection « Points essais », 1980. Nourrie de psychanalyse, l’essayiste regarde l’abjection en face et dégage une fonction essentielle de l’art : conjurer l’abjection.

Maier, Corinne, L’Obscène : la mort à l’oeuvre, Fougères, Encre marine, 2004. Le titre dit tout.

Mannoni, Octave, Clefs pour l’imaginaire ou l’Autre scène (1969), Gallimard, collection « Folio Essais », 1985. Encore un livre culte. Anthologie de vingt essais divers, où linguistique, psychanalyse et anthropologie nourrissent une approche incroyablement féconde de la littérature ou du problème de l’illusion théâtrale (jamais aussi bien éclairé) et nous introduisent sur l’Autre Scène où c’est le jeu du signifiant qui gouverne.

Mazzocut-Mis, Maddalena, Le Sens de la limite : la douleur, l’excès, l’obscène, Vrin, collection « Mimésis », 2012. Un essai d’esthétique qui tape en plein dans le mille.

Quignard, Pascal, Le Sexe et l’effroi, Gallimard, collection « Folio », 1994. Une méditation poétique sur la mutation de l’érotisme, des Grecs aux Romains et l’invention de la fascination pour l’effroi.

Rykner, Arnaud, Corps obscènes : pantomime, tableau vivant et autres images pas sages, Orizons, 2015. Professeur d’études théâtrales à Paris III, Rykner interroge les images difficiles à regarder qui affolent la pensée et les dispositifs, notamment théâtraux, inventés pour affronter l’obscène.

Traverses (revue), numéro 29, 1985 : « L’obscène ».

La Voix du regard (revue),numéro 15 : « Esthétique de l’obscène », sous la direction de Jocelyn Maixent, 2002

B. Pour une approche dramaturgique historique

Abramovici Jean-Christophe, Obscénité et classicisme, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Perspectives littéraires », 2003. 

Angel-Perez, Evelyne, Voyages au bout du possible : les théâtres du traumatisme de Samuel Beckett à Sarah Kane, Klincsieck, 2006.

Dupont, Florence, Le Théâtre latin, Armand Colin, collection « Cursus », 1998.

Forestier, Georges, Passions tragiques et règles classiques. Essai sur la tragédie française, P.U.F., 2003.

Fumaroli, Marc, « La querelle de la moralité du théâtre avant Nicole et Bossuet », Revue d’Histoire Littéraire de la France, 70e année, numéros 5-6, septembre-décembre 1970.

Labère, Nelly (dir.), Obscène Moyen Âge ?, Paris, Champion, 2015. (Un chapitre consacré au théâtre)

Lecercle Jean-Jacques et alii, Réécritures du crime : l’acte sanglant sur la scène (XVIème siècle - XVIIIème siècle), Toulouse, SLC, collection « Littératures classiques », n) 67, automne 2009.

Prijante-Gonzalez, Domingo et alii, Ob/Scena : l’obscène au féminin au tournant du XXIème siècle, L’improviste, 2013.

Revue d’Histoire du Théâtre, numéro 269 : Scènes de l’obscène, 2016.

Richard, Jean-Pierre, Shakespeare pornographe : un théâtre à double fond, éditions rue d’Ulm, 2019.

Santini, Céline, « Théâtralité et exhibition dans le théâtre pornographique du XVIIIe siècle », dans Jean Marie Goulemot, dir., De l ’obscène et de la pornographie comme objets d’études, Tours, Université de Tours / U.F.R. de Lettres, « Cahiers d’histoire culturelle », n° 5, 1999.

Valette, Jean-René, « Le rire et le corps : éléments d’esthétique médiévale (XIIe-XIIIe siècle) », in Alain vaillant, Esthétique du rire, Presses universitaires de Nanterre, 2014.

Zaragoza, Georges, « La guerre au théâtre, une dramaturgie de l’obscène », L’information littéraire 2001/3 (Vol. 53).

C. Textes dramatiques :

Quelques textes dramatiques où l’obscène entre en jeu.
Aristophane, Lysistrata
Euripide, Les Bacchantes, Médée
Sénèque, Médée
Shakespeare, William, Hamlet, La lamentable tragédie de Titus Andronicus, Les Solitaires intempestifs, 2003.
Ford, John, Dommage qu’elle soit une putain
Molière, L’École des femmes et sa Critique, Les Précieuses ridicules, Tartuffe.
Racine, Jean, Phèdre, Bérénice
Kleist, Heinrich von, Penthésilée
August Strindberg, Mademoiselle Julie.
Genet, Jean, Les Bonnes, Les Paravents
Kane, Sarah, Anéantis, Manque, Purifiés
Witold Gombrowicz, Yvonne princesse de Bourgogne.
Levin, Hanok, Tout le monde veut vivre
Copi, L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer, La Tour de la Défense.
El Khetib, Mohamed, Finir en beauté, Les Solitaires intempestifs, 2015.

D. Spectacles en ligne :

Pour celles et ceux qui n’ont pas froid aux yeux :
Roméo Castellucci, La Divine Comédie : Inferno. https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Inferno/ensavoirplus/idcontent/105312
Gaëlle Bourges, A mon seul désir. https://vimeo.com/406168353/43dba448b1
Rodrigo Garcia, Hamlet Kebab. https://www.theatre-contemporain.net/video/Hamlet-Kebab-de-Rodrigo-Garcia
Laetitia Dosch, Hate. https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Hate-Duo-d-une-femme-et-d-un-cheval/ensavoirplus/idcontent/104852

Se documenter sur le théâtre d’Angelica Liddell, de Jan Fabre, de Vincent Macaigne n’est pas inutile.

b) Deuxième question :

- Edward Bond, Pièces de guerre tome 1 : Rouge noir et ignorant et La Furie des nantis, texte français, Michel Vittoz, Paris, l’Arche,
1994, ISBN : 9782851813350 (br.).
- Jean-Pierre Sarrazac, Poétique du drame moderne : de Henrik Ibsen à Bernard-Marie Koltès, Paris, Éditions du Seuil, 2012, ISBN : 9782021054200 (br.).

b.1. Pièces de guerre d’Edward Bond

De Bond :
Outre les deux pièces au programme, il faut lire le troisième volet de la trilogie :
Pièces de guerre, tome 2 : Grande paix, L’Arche, 1994.
Pour entrer plus avant dans l’oeuvre dramatique de Bond, vous pouvez lire aussi : Sauvés, Café, Les Enfants.

Autour des Pièces de guerre :
Lire aussi d’autres « pièces de guerre » avec lesquelles celles de Bond n’hésitent pas à dialoguer :
- Eschyle, Les Perses, la trilogie L’Orestie, Les Suppliantes (L’Arche)
- William Shakespeare, Hamlet, Le Roi Lear
- Bertolt Brecht, Grand Peur et misère du IIIe Reich, Mère Courage et ses enfants, La Décision

De Bond sur Bond :

A l’instar de Brecht, Bond a lui-même théorisé sa dramaturgie et fabriqué des concepts-clefs : « l’aggro-effet », « l’innocence radicale », « le temps-accident », « l’objet invisible », « l’événement de théâtre », etc. Il est impératif de les maîtriser.

- Commentaires sur les Pièces de guerre et le Paradoxe de la paix, L’Arche, 1995

- L’Énergie du sens : lettres, poèmes et essais, Climat/maison Antoine Vitez, 2000
- La Trame cachée, L’Arche, 2003
- Entretiens avec David Tuaillon, Archambaud, Les Belles Lettres, 2013

Sur Bond :
Des ressources en ligne :
Le site Versant Est du Théâtre de la Colline (où Alain Françon a monté plusieurs pièces de Bond dans les années 1990-2000) a mis en ligne des ressources pédagogiques précieuses : consulter ces pages est une bonne manière d’entrer dans l’univers de Bond.
https://www.colline.fr/versant-est/edward-bond
Mot de passe : Versant Est
Code : VEColline2020

Des numéros de revue consacrés à son oeuvre :

Théâtre/Public : Edward Bond, n° 111, mai-juin 1993.
Mouvement : Edward Bond, dramaturge de l’inhumanité, n° 11, janvier-mars 2001
Pièces de guerre I et II, CNDP, « Baccalauréat théâtre », 2006.

Des ouvrages théoriques consacrent une part importante à la dramaturgie de Bond en le mettant en perspective :

- David Lescot, Dramaturgies de la guerre, Circé/« Penser le théâtre », 2001.

- Florence Naugrette, Paysages dévastés : le théâtre et le sens de l’humain, Circé, « Penser le théâtre », 2004.

b.2. Jean-Pierre Sarrazac, Poétique du drame moderne

Le livre du professeur émérite d’études théâtrales à l’Université Paris III -Sorbonne Nouvelle, héritier de Bernard Dort, directeur de la précieuse collection « Penser le théâtre » aux éditions Circé, fait partie d’une réflexion plus large sur les mutations de l’écriture et des scènes théâtrales au vingtième siècle ; elle s’articule autour des concepts de rhapsodique et de drame-de-la-vie.

De Sarrazac :
Il est bon de reconstituer le mouvement de cette pensée en lisant trois autres essais de Sarrazac :
- L’Avenir du drame (1983, réédition Circé/Poche, 1999)
- Critique du théâtre. De l’utopie au désenchantement, Circé/« Penser le théâtre », 2000
- Critique du théâtre 2. Du moderne au contemporain, et retour, Circé, 2015.

Autour de Sarrazac :
Cette réflexion s’appuie évidemment sur la bible des études dramaturgiques :
- Aristote, Poétique, texte, traduction et notes par Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, Seuil, 1980, collection « Poétique » - les quinze premiers chapitres.

Elle dialogue aussi de manière plus ou moins polémique avec les concepts (« le drame absolu », « le postdramatique ») de deux ouvrages antérieurs qu’il est donc impératif de lire aussi :
- Peter Szondi, Théorie du drame moderne, Circé, « Penser le théâtre ».
- Hans-Thies Lehman, Le Théâtre postdramatique, L’Arche, 2002.