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KHÂGNE LETTRES été 2016

Sophie Pailloux-Riggi - Khâgne Joliot-Curie Nanterre 2016-2017 – Lettres

Un été
(Les indications ci-dessous sont aussi le fruit d’échanges avec Alain Brünn et Philippe Mangeot, professeurs au lycée Lakanal)

Mon adresse mail : griggi2957@aol.com

Programme fixé par les ENS pour la session 2017

Axe 1 : - La poésie.
Axe 2 : - L’œuvre littéraire, ses propriétés, sa valeur.
- L’œuvre et son lecteur.

Œuvres :
a) Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, livres I et II, Gallimard, « Poésie », édition de F. Lestringant, 1995, ISBN 978-2070737246.
b) Racine, Bérénice, Flammarion, « GF-Flammarion » n°902, édition de M. Escola, 2013, ISBN : 978-208130938-8.
c) Jules Laforgue, Les Complaintes, Flammarion, « GF-Flammarion » n°897, édition de J.-P. Bertrand, 2000, ISBN : 978-2080708977.
d) Louis Aragon, Aurélien, Gallimard, « Folio » n°1750, 1972, ISBN 978-2070377503.

Pour rappel, donc, et ci-dessus, le programme de littérature française, tel qu’il a été fixé par les ENS pour la session 2017. C’est autour de ces trois axes et de ces quatre œuvres que va tourner l’année en lettres. L’été est, pour vous comme pour moi, un moment de mise en chantier de ce que les mois suivants vont tenter de déployer. Et c’est un temps précieux, qui, d’une certaine façon, ne se rattrapera plus ou autrement et assez mal, précieux parce que dégagé des calendriers contraints des cours, des colles, des devoirs, des travaux divers. Un temps donc propice au type de travail auquel peut inviter la littérature, fait de lectures, de moments où l’on lève la tête du livre, et les idées se mettent en marche, temps des hypothèses même hasardeuses, des vagabondages d’un texte à l’autre, de la réflexion sans trop de freins ni de cadre. Bref, c’est l’été.

Il faut d’abord acheter les œuvres dans l’édition demandée (et pas une autre, parce qu’il faut s’habituer pour l’oral à manier ce livre-là) et les lire, les lire vraiment, c’est-à-dire rencontrer un texte ( et l’état de disponibilité de l’été peut y aider) , lire avec à côté de soi un carnet ( qui vous accompagnera pour le reste de l’année) où vous commencez à noter de temps à autre ( et il faut inventer votre rythme) un vers, une phrase, qui vous ont retenus , des questions qui vous traversent, des interrogations en suspens.
Les œuvres seront étudiées dans l’ordre chronologique, les colles du premier semestre porteront sur Aubigné et Racine, celles du second semestre sur Laforgue et Aragon.
Le travail de dissertation, durant l’année comme au concours, et dont le sujet est en relation avec l’un des axes ou leur croisement, impose de convoquer à la fois les œuvres du programmes, et d’autres textes, littéraires, critiques, théoriques.

Quelques mots sur ces œuvres, et sur la façon dont vous pouvez commencer à accompagner leur lecture au croisement notamment des trois axes. Il ne s’agit pas ici d’une bibliographie à proprement parler. Ces premières indications sont faites pour amorcer le travail, d’autres éléments viendront les compléter au fil de l’année.

Les Tragiques. Outre les 1380 vers des « Misères » et les 1526 des « Princes », il est aussi nécessaire de lire la préface de Frank Lestringant, ainsi que les textes liminaires d’Aubigné qui ouvrent l’œuvre (qui est un livre et non un recueil). C’est un texte d’une extrême violence et d’une beauté tout aussi extrême (lisez, relisez les derniers vers des « Princes ») qui se tient face à nous, dont l’intransigeance, la radicalité même parfois, surprennent, étonnent au sens fort, bousculent. Vous en entendrez sans doute à la fois la modernité et la contemporanéité, au sein même de ce qui peut vous sembler freiner votre lecture (affaire de langue, de système de l’alexandrin, de références multiples, de contexte). Il ne faudra pas vous l’interdire, du tout, ne pas en être aveuglés, non plus. Il me semble que ces deux livres des Tragiques sont indissociables d’une connaissance même partielle du texte biblique (Job, Apocalypse, Psaumes). Il serait bon aussi de visionner La Reine Margot de Chéreau (1994), de jeter un œil au recueil de textes établi par Christian Biet sur le Théâtre de la cruauté et récits sanglants en France ( XVI°-XVII° siècle) pour la collection Bouquins, et à son introduction, d’élargir peut-être l’approche, dans la perspective de l’axe « Poésie », en allant par exemple du côté de la Légende des siècles et des Châtiments de Hugo, ou encore de Témoignage de Charles Reznikoff, traduit de l’anglais par Marc Cholodenko (P.O.L), de commencer à s’interroger aussi sur la notion de tragique (par exemple à partir du GF Corpus Le tragique de Marc Escola)

Transition par conséquent vers Bérénice, édition établie par le même Marc Escola. Il faut tout lire, et le texte, et ce qui l’accompagne et l’entoure. Si vous le pouvez, il serait bon aussi de vous référer à l’édition du livre de poche de cette pièce pour lire la préface et le dossier d’un autre grand spécialiste du XVIIème siècle et de son théâtre, Georges Forestier. La lecture de Bérénice est inséparable de celle d’autres textes du XVIIème : au premier rang, indispensable évidemment, Tite et Bérénice de Corneille ; tout autant, les Sermons et Oraisons funèbres de Bossuet (c’est magnifique) ; puis, Andromaque, Iphigénie, Phèdre de Racine et Lettres Portugaises de Guilleragues. Il serait bon également de se pencher un peu sur le livre IV de l’Enéide consacré aux amours de Didon et Enée. Lisant Bérénice, Tite et Bérénice et Aurélien, vous y comprendrez l’étroite articulation, et désarticulation, entre ces œuvres (et sans doute l’une des questions essentielles du programme sera celle des relations intertextuelles au sens large du mot – réfléchir donc un peu au sens et à la valeur de cette notion). Je vous conseille par ailleurs d’écouter l’émission de radio consacrée à cette pièce : http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/racine-34-berenice et de lire au moins l’introduction du Sur Racine de Roland Barthes. Vous pourrez au fil de ces premières lectures vous interroger sur la poésie racinienne, sur la question du poème dramatique (en ayant bien évidemment en tête la présence au programme de l’axe « la poésie »), mesurer les limites et les enjeux d’une telle définition du théâtre racinien et ce qu’elle permet de comprendre, ou pas, de la poésie elle-même. Parce que, tout de même, il n’est pas indifférent que cette pièce ait pu être lue et comprise dès le XVIIème siècle comme une élégie.

De la possible élégie racinienne aux Complaintes de Laforgue…Recueil fabuleux, d’un poète mort à 27 ans, à l’œuvre considérable. Il faut du même Laforgue, je crois, lire quelques poèmes du Sanglot de la terre, jeter un œil à sa critique littéraire et artistique, notamment son texte sur Baudelaire. Le tout doit pouvoir être téléchargé gratuitement ou bien consulté dans les Œuvres complètes de Laforgue aux éditions L’âge d’homme. Autour de Laforgue, lire de la poésie du XIXème siècle, beaucoup, notamment Les Fleurs du mal (parce que la relation à d’autres poèmes, à d’autres poètes, nourrit l’écriture de Laforgue – ce qui est toujours le cas, pour tout poète, mais ici de façon très singulière, on le verra), mais aussi un peu de Schopenhauer. Pour une première étude, vous pourrez vous procurer Les Complaintes de Jules Laforgue (Essai et dossier) de Henri Scepi, Foliothèque n° 92, Gallimard, 2000.

Aurélien, enfin, « roman-poème », comme on le dit. Il faudrait lire aussi d’Aragon des pages du Paysan de Paris, la préface des Cloches de Bâle, des poèmes des Yeux d’Elsa, des extraits de Henri Matisse roman, et du Roman inachevé, visiter les salles surréalistes du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et voir la collection moderne du centre Pompidou : c’est au croisement de tout cela que s’écrit Aurélien. Sans oublier la guerre de 14-18 (le roman La fin de Chéri de Colette est présenté par Aragon lui-même comme une source pour Aurélien) et les deux Bérénice. Enfin, à prendre en notes : Aurélien d’Aragon (Essai et dossier) de Daniel Bougnoux et Cécile Narjoux (Collection Foliothèque (n° 115), Gallimard, 2004.)

Cela fait déjà beaucoup, je sais. Il serait illusoire de votre part de croire tout faire et de ma part de croire que vous ferez tout. Mais commencez, allez ici et là dans les indications que je tente de vous donner, même rapidement. Ne laissez pas tomber l’envie de faire la moindre chose sous le prétexte qu’il y aurait – déjà – trop à faire. Laissez-vous aussi un peu conduire par vos goûts, votre curiosité, votre désir de découvrir ceci plutôt que cela. Surtout lisez les quatre œuvres du programme !

Et à égale mesure, puisqu’il s’agit d’une question centrale de l’année, et que c’est l’été , une immersion poétique, ce serait bien, ce serait essentiel : vous pourriez vous procurer ou bien l’Anthologie de la poésie française de Jean Orizet (Larousse, 2010), qui va du Moyen Age à nos jours, ou bien Anthologie de la poésie française de la poésie française du XIXème siècle ( 2 tomes) et Anthologie de la poésie française du XXème siècle (2 tomes) de la collection Collection Poésie/Gallimard ( et s’il fallait n’en retenir qu’une , je choisirais la dernière).

Enfin, s’il vous reste un peu de souffle, quelques pages plus théoriques et philosophiques : dans la collection Corpus-Lettres, les volumes La poésie (Hugues Marchal) et Le lecteur (Nathalie Piégay-Gros) ; Barthes, Le Bruissement de la langue, Chapitre 1, « De la science à la littérature », Blanchot, « La littérature et le droit à la mort », La Part du feu et les parties I, III, VI, VII et les Annexes de L’Espace littéraire, Foucault, « Langage et Littérature », Conférence à l’Université Saint-Louis Bruxelles (accessible en ligne), Rancière, La parole muette.

Même été….
Indications pour la spécialité lettres modernes

Les six heures de spécialité sont consacrées à la préparation de l’écrit et à celle de l’oral.
L’écrit est sans programme. Le texte proposé en commentaire correspond à un vaste champ littéraire qui va du XVIIème siècle à nos jours.
Commencez par mettre en fiche les deux tomes de La littérature française, collection folio essais (à partir du XVIIème siècle dans le tome 1)
Procurez- vous si possible Eléments d’analyse littéraire de Daniel Bergez
Lisez si possible, et même dans le désordre, des textes dans une anthologie de textes littéraires (l’ancienne collection Nathan dirigée par Henri Mitterand est fabuleuse, vous la trouverez en bibliothèque, beaucoup de ventes d’occasion aussi : seuls les volumes du XVIIème au XXème siècle intéressent notre spécialité. D’autres anthologies peuvent convenir)
Pour l’oral, lire les deux œuvres figurant au programme, deux romans merveilleux…
Intitulé du programme : Polyphonies de la mémoire.
a) William Faulkner, Le Bruit et la fureur, Gallimard, « Folio » n°162, trad. Maurice Edgar Coindreau, 1972, ISBN : 9782070361625.
b) Claude Simon, La Route des Flandres, Editions de Minuit, « Double » », 1982, ISBN : 9782707306296.


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Lycée Joliot Curie - Nanterre (académie de Versailles)
Directeur de publication : Madame MOTTA GARCIA