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KHÂGNE HISTOIRE TRONC COMMUN ET SPÉCIALITÉ 2018-2019

BIBLIOGRAPHIES

mercredi 20 juin 2018, par Julien Dieudonné

Tronc commun Histoire 2018-2019

Le pouvoir exécutif en France, de 1814 à 1962

Présentation de la question

Un cadrage rapide de la question de programme a été mis en ligne sur le site de l’ENS de Lyon : http://www.ens-lyon.fr/formation/admission/concours-lettres-et-sciences-humaines (voir dans l’onglet Programme). Je vous y renvoie donc.
La question se présente comme une introduction à l’histoire politique de la France contemporaine, embrassant une période très longue, allant de la première Restauration (1814) aux premières années de la Ve République (fin de la guerre d’Algérie et instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel). A l’évidence, l’une des principales difficultés sera de maîtriser le cadre chronologique du programme.
Celui-ci n’invite pas à faire une simple chronique de l’histoire politique de la France, mais à l’envisager sous l’angle particulier du pouvoir exécutif, notion éminemment complexe qui ne se limite pas à l’étude d’acteurs institutionnels (les rois, l’empereur, les présidents de la République et les présidents du Conseil …). Il s’agit plutôt, comme l’indique clairement le texte de cadrage, de montrer comment la démocratie s’est enracinée en France, et de le faire en voyant comment le pouvoir exécutif, pensé par la tradition républicaine comme dangereux pour ce régime, a été pensé, façonné, voire contesté et combattu, avant d’être acclimaté par la tradition républicaine. Le présidentialisme de la Ve République consacre cette évolution. Cela passera nécessairement par l’étude des textes constitutionnels, de la charte de 1814 à la constitution de 1958, mais aussi par celle de leur mise en œuvre, la pratique politique ayant toujours tendance à en infléchir l’esprit. Autant dire qu’une telle étude supposera une compréhension fine du vocabulaire politique de base, sur lequel il ne serait pas inopportun de faire le point avant la rentrée (démocratie, République, souveraineté, régime parlementaire, libéralisme …). Elle nécessitera aussi une connaissance précise des grands courants et des grandes cultures politiques qui ont marqué l’histoire de la France contemporaine, et de la manière dont ils ont pensé la question du pouvoir exécutif (courant contre-révolutionnaire, courant libéral, courant bonapartiste, républicanisme, socialisme …).

Instruments de travail

Le plus urgent est d’acquérir une histoire politique de la France contemporaine, qui servira d’outil de travail au cours de l’année. Parmi les titres disponibles, je conseille les deux volumes de l’Histoire de la France politique consacrés à l’époque contemporaine (éditions du Seuil). Ils sont disponibles en livre de poche :
* Serge BERSTEIN et Michel WINOCK dir., L’invention de la démocratie, 1789-1914, Paris, Le Seuil Points Histoire, 2008.
* Serge BERSTEIN et Michel Winock dir., La République recommencée, de 1914 à nos jours, Paris, Le Seuil Points Histoire, 2008.

Il serait également bon d’avoir à sa disposition une histoire générale de la France contemporaine. Il y a pléthore sur le marché, raison pour laquelle je me permets d’indiquer celles qui me paraissent les plus utiles, en en restant pour l’heure au seul XIXe siècle :

1. les volumes – malheureusement chers – de l’Histoire de France publiés chez Belin (en version compacte, chaque volume coûte de 25 à 29 euros) :
* Sylvie APRILE, La Révolution inachevée (1815-1870), Paris, Belin, 2010
* Vincent DUCLERT, La République imaginée (1870-1914), Paris, Belin, 2010.

2. les volumes 2 à 4 de l’Histoire de la France contemporaine, récemment publiée aux éditions du Seuil, et disponibles en version de poche chez Points Seuils :
* Bertrand GOUJON, Monarchies postrévolutionnaires (1814-1848), Paris, Points Seuils, 2014
* Quentin DELUERMOZ, Le crépuscule des révolutions (1848-1871), Paris, Points Seuils, 2014.
* Arnaud-Dominique HOUTE, Le triomphe de la République (1871-1914), Paris, Points Seuils, 2018.

Travaux d’été

Le cours commencera par l’étude de la période allant de la première Restauration (1814) à l’année 1879, traditionnellement considérée comme le moment où la République s’était enfin enracinée en France. Il s’agit d’une période complexe, marquée par de nombreux soubresauts politiques (retour de Napoléon lors de l’épisode des Cent Jours en 1815, révolutions de 1830 et de 1848, Commune de Paris en 1871). Elle vit se succéder plusieurs régimes politiques : la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République, le Second Empire, les débuts de la Troisième République. Dans l’ensemble, si l’on fait abstraction de la Seconde République et des très complexes années 1870, elle fut propice à l’affirmation de pouvoirs exécutifs forts, voire autoritaires, ce qui ne put que nourrir la méfiance que les républicains, la plupart du temps écartés des responsabilités politiques, ressentaient traditionnellement envers ce pouvoir.

Cette période nourrira le travail préparatoire au premier DS de l’année, qui aura lieu dans le cadre du concours blanc, à la rentrée des vacances de la Toussaint. Elle sera également au cœur de la première série de colles, en septembre et octobre. A partir notamment de la bibliographie indiquée ci-dessus, il faudra donc au cours de l’été commencer à rassembler la matière permettant de traiter les sujets suivants, dont la liste pourra être complétée à la rentrée :

- Louis XVIII et l’exercice du pouvoir (1814-1824)
- Charles X et l’exercice du pouvoir (1824-1830)
- Louis-Philippe et l’exercice du pouvoir (1830-1848)
- La présidence de la République sous la Deuxième République (1848-1851)
- La constitution de 1848
- Napoléon III et l’exercice du pouvoir (1851-1870)
- La constitution du Second Empire
- La construction du pouvoir républicain (1870-1879)

Stéphane Coviaux
Professeur d’histoire en khâgne
Stephane.coviaux@gmail.com

Spécialité Histoire 2018-2019

Histoire médiévale - Le beau XIIIe siècle (1180-1270) – France, Empire, Italie

Cette question d’histoire médiévale, inédite, porte sur ce qu’il est convenu d’appeler le « beau XIIIe siècle », expression utilisée par les historiens par opposition à la fin de ce siècle, où les premiers signes avant-coureurs de la grande crise du XIVe siècle se sont fait sentir (ralentissement de la croissance, retour de la faim). La période qu’il faut traiter fut au contraire une période de croissance (croissance agricole, croissance des villes, essor du commerce) et de mise en ordre (naissance des universités, organisation des métiers urbains, structuration des Etats, puissance de l’Eglise symbolisée par la construction des grandes cathédrales gothiques). Si elle paraît à bien des égards riante, à l’image de l’ « ange au sourire », qui orne la façade de la cathédrale de Reims, elle fut aussi marquée par des conflits, à commencer par ceux qui opposèrent la papauté à l’Empire, et par une intensification de la lutte contre les hérésies, symbolisée par l’organisation de l’Inquisition.

En l’absence de toute synthèse récente sur le XIIIe siècle, il faudra acquérir des ouvrages consacrés aux différents espaces dont l’étude est mise au programme du concours :
* pour la France, parmi les nombreux ouvrages disponibles, celui de Monique BOURIN, Temps d’équilibres, temps de ruptures (XIIIe siècle), Paris, Le Seuil « Points Histoire », 1990 (Nouvelle Histoire de la France médiévale, tome 4).
* pour l’Allemagne, il faut utiliser l’ouvrage dirigé par Michel PARISSE, L’Allemagne au XIIIe siècle, Paris, Picard, 1994. Indisponible chez l’éditeur, l’ouvrage est numérisé sur le site gallica (BNF) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3322597h.texteImage.
* pour l’Italie, il faut acquérir l’ouvrage de Jean-Pierre DELUMEAU et Isabelle HEULLANT-DONAT, L’Italie au Moyen Âge (Ve-XVe siècle), Paris, Hachette « Carré Histoire », 2000 (deuxième et troisième parties). Il est actuellement en réimpression.

Pour commencer à sentir la période, en fonction de votre curiosité, vous pouvez vous lancer dans la lecture de quelques ouvrages brefs et stimulants, dont voici une liste indicative :
* Georges DUBY, Le dimanche de Bouvines, 27 juillet 1214, Paris, Folio Histoire, 1985
* Jacques LE GOFF, Saint Louis, Paris, Points Seuils, 2014 (l’introduction et la première partie seulement).
* Michel PASTOUREAU, Bleu – Histoire d’une couleur, Paris, Points Seuils, 2000.
* André VAUCHEZ, La spiritualité du Moyen Âge occidental, VIIIe-XIIIe siècle, Paris, Points Seuils, 1994.

Vous pouvez aussi avec profit regarder trois volets du documentaire réalisé en 1978 par Georges Duby et intitulé Le temps des cathédrales :

https://www.youtube.com/watch?v=V2O4M6rK-hs ;
https://www.youtube.com/watch?v=SEXi6_tKFeg ; https://www.youtube.com/watch?v=MS1s-0tvLi8

Histoire moderne – L’Atlantique au XVIIIe siècle

Cette question d’histoire moderne a déjà été proposée à deux reprises aux étudiants préparant le concours de l’ENS de Lyon. Elle porte sur les conflits dont l’Atlantique fut le théâtre et l’enjeu, notamment entre la France et l’Angleterre, mais aussi sur les échanges de toutes sortes qui s’y développèrent, notamment entre les principales puissances européennes (France, Royaume-Uni, Provinces Unies, Espagne et Portugal) et leurs colonies : échanges économiques et commerciaux, mouvements de population, dont les mouvements contraints induits par la traite des esclaves, contacts culturels … Elle conduit à s’intéresser aux lieux, aux acteurs et aux moyens techniques de ces échanges : ports, arsenaux ; marchands des grands ports atlantiques, marins, populations littorales ; bateaux, instruments de navigation, cartes …

Pour une première approche de la question, vous pouvez lire Paul BUTEL, Histoire de l’Atlantique, de l’Antiquité à nos jours, Paris, Perrin, 1997 (chapitres 5 et 6).

Il faudra également acquérir un ouvrage qui sera un instrument de travail pratique pour traiter la question : Pascal BRIOIST, L’Atlantique au XVIIIe siècle, Paris, Atlande, 2007.